samedi 17 septembre 2016

Les carnets de mon père

Mon père est mort il y a de nombreuses années ans alors que je n'étais encore qu'une gamine. Depuis quelques jours, je lis des carnets où il avait l'habitude de noter des citations, des pensées, des états d'âme, des souvenirs. Et curieusement, moi qui l'ai si peu connu, je me retrouve en lui, je me retrouve semblable sur de multiples points. Je découvre une part de lui qui est en moi. La même sensibilité, les mêmes questionnements, le même bonheur devant la beauté des choses, les méditations dans la nature, et aussi d'autres choses. Nous sommes passés l'un à côté de l'autre sans vraiment nous connaître, faute à sa disparition prématurée, mais nous nous retrouvons maintenant grâce aux mots qu'il a notés sur ces carnets. Je suis heureuse car je ne me suis jamais sentie aussi proche de lui...

Une douce pensée pour​ Célestine qui vient de perdre son papa...

lundi 12 septembre 2016

Il voulait m'apprendre à voler...

C'était un homme costaud, mais tout en douceur. Il était grand, il avait un pull noir et un pantalon noir. Ses cheveux étaient clairs, son visage était très pâle mais il reflétait une extrême bienveillance. Je me trouvais donc avec lui, et il y avait aussi une cousine à moi, Maguy, de 20 ans mon aînée. Celle-ci avait déjà l'habitude de ce genre de "voyage", elle nous accompagnerait en quelque sorte. Il voulait m'apprendre à voler. Il me dit de poser ma main droite sur son épaule gauche et dit à Maguy de poser sa main gauche sur son épaule droite, un peu comme si nous étions des ailes. Et puis, tout doucement, il s'éleva dans les airs, nous emportant avec lui. Nous survolions les maisons, les gens, nous étions légers, tellement légers, c'était très agréable. Et puis, aussi doucement qu'il s'était élevé, il redescendit et nous nous retrouvâmes sur le sol. Il nous demanda ensuite de changer de côté, que je passe à sa droite et que Maguy passe à sa gauche. Je lui dis alors que je n'étais pas gauchère, et que je ne pourrais pas le tenir suffisamment de ma main gauche. Il était en train de me rassurer en me disant que cela n'avait aucune importance lorsque je me suis réveillée...
Je crois que c'est la première fois que je rêve que je vole. Enfin, dans ce rêve, je me laissais porter plus exactement puisque c'était cet homme qui volait et qui nous emmenait avec lui dans les airs. Un joli rêve que j'aurais aimé poursuivre. Quant au sens..., mystère !...

Peinture de Chagall : "Au-dessus de la ville"

samedi 10 septembre 2016

Photos, et lettre manuscrite

Cet été, j'ai fait beaucoup moins de photos que les étés précédents. J'ai pensé qu'il valait mieux profiter de ce que m'offrait l'instant présent : observer ces oiseaux, amusée ; admirer ce coucher de soleil ; sentir le parfum de ces fleurs colorées ; toucher cette mousse, l'écorce de ces arbres ; laisser mon coeur déborder d'amour en regardant jouer mes petits fils ; et tant d'autres choses encore, plutôt que de vouloir absolument figer ces instants pour ensuite les regarder parfois distraitement sur l'écran de mon ordinateur. Certes, je continuerai à faire des photos, mais sans m'en faire une obligation. Juste me dire : profite de cet instant, et ne pense à rien d'autre. Tant pis si je ne rapporte pas de souvenirs de ces instants-là, ils seront de toute façon gravés dans mon coeur et dans ma mémoire. N'est-ce pas le plus important ? Je reconnais par contre que je suis contente que mon père ait fait des photos lorsqu'il était de ce monde, je peux le voir, lui et ma mère, lorsqu'ils étaient jeunes, je peux voir où ils ont posé leurs pas (où j'ai ensuite posé les miens), je peux voir le visage de personnes dont j'ai entendu parler mais que je n'ai jamais connues, je peux voir mes grand-parents que j'ai à peine croisés et certains même pas du tout. Je peux voir à quoi ressemblait à l'époque le coin de campagne où se trouve ma petite maison bleue, les chemins en terre maintenant goudronnés, les arbres qui ont poussé, le paysage qui a changé. Oui, je suis contente. Mais à l'époque, mon père faisait juste quelques photos, c'était l'époque de l'argentique, faire des photos coûtait plus cher, ce n'était pas aussi simple que maintenant. Car maintenant, nous n'hésitons pas à en faire des centaines, voire plus, mais est-ce que nous prenons vraiment le temps de les regarder ensuite. Je me rappelle lorsque mon père emmenait ses pellicules photos chez le photographe, les jours d'attente et la joie que nous avions alors lorsque celles-ci étaient développées et que mon père les rapportait, il y avait une part de magie. Ce n'est pas de la nostalgie, mais c'est juste une constatation. Maintenant, pour beaucoup de choses, nous n'avons plus à attendre, nous avons tout tout de suite, cela enlève du charme c'est certain. C'est pareil pour le courrier finalement. D'ailleurs, la semaine dernière, alors que j'ai passé quelques jours dans ma petite maison bleue, j'ai ressorti des correspondances qu'entretenait mon père avec l'un de ses frères, j'ai lu à travers leurs mots le plaisir qu'ils avaient ainsi à s'écrire. Et j'ai repensé au plaisir que j'avais moi aussi à une époque à écrire de longues lettres, certaines contenant plusieurs feuillets. Alors, et comme je savais qu'elle en serait touchée, j'ai sorti une feuille de papier et j'ai écrit une lettre à une amie. Je sais qu'elle me répondra également par écrit et que, peut-être, nous continuerons ainsi à correspondre. En écrivant cette lettre, je me suis rendue compte qu'une lettre manuscrite a une saveur autre, une saveur que les mails n'ont pas. C'est complètement différent. J'avais oublié cette saveur et j'ai été heureuse et presque émue de la retrouver.

vendredi 2 septembre 2016

Les reproches

Ce que nous prenons parfois pour des reproches ne sont bien souvent que des attentes déçues. Nous décevons forcément les autres parfois, car il est évident que nos actes ne correspondent pas toujours à ce qu'ils attendent de nous. Faut-il culpabiliser ? Faut-il se prendre la tête avec cela ? Je ne le pense pas. Il faut juste savoir en tenir compte dans l'avenir, peut-être se remettre en question s'il le faut, mais savoir aussi accepter de décevoir et de ne pas correspondre à l'image que l'autre se fait de nous.

dimanche 28 août 2016

Etrange coïncidence et retour dans le passé

C'est tout de même étrange et troublant les coïncidences. Je vous explique.
Le 10 août dernier, je vais à la bibliothèque. Je choisis au hasard quelques livres, dont "Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent" d'Eric Emmanuel Schmitt. Hier soir, je commence à le lire, et l'auteur raconte qu'il suit des cours de piano chez Alice V.... . Je relis. Alice V... . Le prénom ne me dit rien, mais le nom, lui, me dit quelque chose. Je continue ma lecture. Alice V... avait épousé un chétif monsieur jaune à la voix plus haute que la sienne, aussi étroit qu'elle était large, un Vietnamien enseignant le vietnamien, galant, souriant, affectueux, ... Tiens... cette description me rappelle curieusement quelqu'un. Je vais sur Google et tape V..., et je tombe sur une photo. Oui, c'est bien lui... ce petit homme que je voyais parfois dans les rues d'Ecully, avec son imperméable, son chapeau et sa serviette sous le bras... Et cela me rappelle une histoire lointaine, lointaine... puisque j'avais 13 ans. Je vous raconte. A cette époque, avec une copine, nous allions aider des personnes à garder des enfants en bas âge le jeudi après-midi (car à l'époque c'était le jeudi que les écoliers faisaient une pause dans la semaine). Nous leur faisions faire des jeux, nous les aidions pour leur goûter, etc. Au même endroit et à la même heure, c'est-à-dire en fait de 14h à 16h30, il y avait également des enfants un peu plus grands encadrés par des personnes aidées elles aussi par deux jeunes garçons de 16 et 17 ans. A 16h30, lorsque les parents venaient chercher leurs petits, nous en profitions pour échanger avec eux, et nous faire un peu draguer, il faut le dire (sourire). Je plaisais beaucoup à l'un d'eux, c'était évident, et il me plaisait beaucoup aussi. Il s'appelait Marc, Marc V... . Vous commencez à comprendre. Marc était le fils de ce petit monsieur jaune et Alice était sa mère. Un soir, nous nous sommes un peu attardées en leur compagnie, faisant une petite balade avec eux pour faire plus ample connaissance. Mais le père de ma copine, qui se faisait du souci (et je le comprends) est parti à notre recherche et lorsqu'il nous a aperçus, est venu tout droit sur nous et a donné une belle gifle à sa fille, et m'a dit qu'il allait me ramener chez moi, illico presto. Les deux jeunes gens n'ont pas demandé leur reste. Ma mère, lorsque je lui ai expliqué l'histoire, en a souri. C'est vrai, après tout, ce n'était pas si grave, qu'avions-nous fait de mal, hormis bien sûr inquiéter nos parents ? Les parents de ma copine étaient très stricts, les miens l'étaient sans doute moins. Mais depuis ce jour, les jeunes hommes ont compris qu'il fallait nous laisser tranquilles et ne se sont plus intéressés à nous. Enfin presque, car pendant quelques temps Marc est venu régulièrement tourner en mobylette devant chez moi. Je le voyais passer et s'arrêter en face de la fenêtre. J'avais très envie d'aller lui parler, mais je n'ai jamais osé le faire. Je pense qu'il avait envie de me revoir, malgré tout. Et puis le temps a passé. Mon père est mort, nous avons déménagé et changé de quartier, et je ne l'ai plus jamais revu...
J'avais oublié cette amourette d'adolescente et voilà qu'en lisant ce livre, tout m'est revenu. Je ne sais pas ce que ce Marc est devenu, mais en tous cas, j'ai aimé me remémorer cette lointaine et tendre histoire. Merci Eric Emmanuel Schmitt ! (sourire)

mardi 23 août 2016

ne devient-on pas comme eux ?...

Si l'on agit comme ceux que l'on critique (pour leur rendre la pareille, par exemple), ne devient-on pas comme eux ?... Consciente de cela, j'évite de faire aux autres ce que je n'aime pas qu'ils me fassent. Ce n'est pas toujours facile (pour cela, je dois parfois mettre de côté mon amour-propre), mais j'y arrive et j'en suis pleinement satisfaite. :-)
Et vous ?

dimanche 21 août 2016

Elle est belle ma région, n'est-ce pas ? :-)

 Photo faite de la tour de Roche-en-Régnier (Haute-Loire).
Vue sur les volcans d'Auvergne.
(petit clic dessus)

Si cela vous intéresse, j'ai déposé d'autres photos sur mon blog principal (voir lien colonne de gauche). 

jeudi 18 août 2016

Mais regardez le ciel !

Mais regardez le ciel ! C'est là que tout se passe. Il ne ment pas, il est, c'est tout. Et il est merveilleusement beau !!! 



Cela me rappelle un soir de la semaine dernière alors que la nuit tombait et qu'il y avait un magnifique ciel sans nuages. Mon petit-fils, le petit bonhomme courageux pour ceux qui connaissent son histoire, s'était assis au beau milieu du pré derrière la maison et il ne voulait plus en bouger, car il voulait regarder la lune et les étoiles... (sourire)

vendredi 22 juillet 2016

qu'elle revienne à elle...

L'aimant par-dessus tout, il a attendu qu'elle revienne à elle, qu'elle revienne à lui...
Ils feront fi du sarcasme et du jugement des autres, car c'est leur histoire et elle leur appartient.

mercredi 13 juillet 2016

Il nous étonne, il nous surprend

Mon petit-fils a des troubles du comportement, oui. Mon petit-fils a des problèmes de concentration, oui. Mon petit-fils est dit "handicapé", oui. Mais pourtant, il comprend tout, il entend tout, il voit tout. Il fait des réflexions incroyablement justes et pertinentes. On pourrait croire parfois qu'il n'écoute pas, qu'il ne comprend pas, mais ce n'est pas le cas et il nous le prouve chaque jour. Il est peut-être différent mais il a une sensibilité accrue, et une attention que nous-mêmes n'avons pas toujours. Il nous étonne, il nous surprend, et je me demande parfois si ce n'est pas lui qui est le plus lucide et le plus dans la réalité.

jeudi 7 juillet 2016

Oui, bien sûr, avec plaisir !

L'autre jour, j'avais décidé de faire du ménage, de trier des papiers, de désherber mes massifs de fleurs. Et puis le téléphone sonne, c'est une amie qui me propose d'aller faire une balade avec elle. Sur le coup, je suis tentée de dire non, avec tout ce que j'ai prévu de faire. Et puis je réfléchis rapidement, et je me dis que finalement, il n'y a rien d'urgent, et je préfère privilégier la relation avec mon amie ; le ménage, les papiers, les fleurs, tout cela peut bien attendre encore un jour. Alors je dis : Oui : bien sûr, avec plaisir !

Et depuis, j'ai fait le ménage, j'ai trié les papiers et j'ai désherbé mes massifs de fleurs ! Et personne ne s'est plaint ! (sourire)

lundi 4 juillet 2016

Savez-vous ce qu'est le syndrome du gisant ?

Le syndrome du gisant, un sujet passionnant. Suite à un rendez-vous et entretien chez une phytothérapeute, j'ai appris ce que signifiait le terme de "gisant". Je viens de finir de lire un ouvrage de Salomon Sellam à ce sujet, et je vous invite à aller lire à ce propos mon dernier billet publié sur​ J'ai envie d'en parler et de regarder la vidéo qui l'accompagne. Sur cette dernière, le docteur Sellam explique avec des mots simples ce qu'est le syndrome du gisant. Ce syndrome expliquerait bien des angoisses, des peurs, des manques d'énergie, des fatigues qui nous encombrent parfois et qui nous gênent dans notre vie de tous les jours. Nous portons en nous des choses qui ne nous appartiennent pas, mais qui appartiennent à nos parents, grands-parents et parfois plus loin encore. Et cela suite à des drames familiaux et des deuils bloqués : par exemple, le décès d'un enfant d'une maladie ou d'un accident, des deuils inacceptables, inconcevables...

jeudi 30 juin 2016

Alors, c'est oui, ou c'est non ?

Je pense qu'il est préférable de recevoir une réponse franche plutôt qu'une réponse évasive (ou pire, pas de réponse du tout), on sait ainsi mieux à quoi s'en tenir. Mais certaines personnes aiment bien laisser subsister un doute, peut-être parce qu'elles ne savent pas elles-mêmes ce qu'elles désirent. Comment faire alors ? Car cela risque de durer longtemps. - C'est oui, ou c'est non ? - Tu veux ou tu veux pas ? Je pense, dans ce cas-là, qu'il vaut mieux prendre soi-même une décision, celle qui nous semble la meilleure, et tant pis si ce n'est pas ce que l'autre souhaitait. Après tout, on ne peut pas attendre indéfiniment. Mais c'est lui enlever sa part de responsabilité, et cela, ce n'est pas terrible...

mercredi 29 juin 2016

Parce que je le vis, parce que je l'ai vécu...

Depuis que mon petit-fils a eu son accident de santé et qu'il souffre maintenant de divers handicaps, je comprends mieux les problèmes et difficultés que peuvent traverser les parents et les familles concernés elles aussi par cette situation, je comprends mieux leur amertume, leur tristesse, mais j'admire aussi leur courage car je sais que ce n'est pas facile tous les jours. Je comprends mieux ce qu'ils vivent parce que je le vis.

Lorsque les enfants de mes amis divorcent, je suis triste et désolée pour eux, mais lorsque cela se produit au sein de ma famille, j'en ressens les remous jusqu'au plus profond de mon coeur. Je peux me mettre dorénavant à la  place de ceux qui le vivent, car je le vis également.

Lorsqu'un un frère, une soeur, un parent, nous quittent prématurément, je comprends encore plus fort la tristesse, l'incompréhension et parfois la colère que peuvent éprouver les autres lorsque cela leur arrive, cela est gravé en moi parce que je l'ai vécu.


Je me rends compte, d'après ce que je vis, d'après ce que j'ai vécu, que tant que je n'ai pas été personnellement concernée, je n'ai pas compris vraiment ce que l'autre pouvait ressentir ou avait pu ressentir. Je le regrette, car je pense que j'aurais été encore plus présente et aidante. Je pense que tant que l'on n'est pas touché personnellement, directement, on ne peut pas se mettre à la place de l'autre, on ne peut pas savoir ce qu'il ressent vraiment. C'est en tous cas mon point de vue.