dimanche 18 mars 2018

Lettre cornée, froissée, tachée...

Lorsque je vivais à Lyon, que j'étais une toute jeune femme, j'avais travaillé en tant que secrétaire dans une entreprise de travaux publics. Je tapais entre autres des lettres pour les chefs de chantier, le patron et aussi pour Monsieur Olivier, le chef comptable. Ce dernier m'apportait  régulièrement des lettres à rédiger et à taper. Je m'appliquais, j'ai toujours été consciencieuse dans mon travail, j'aime le travail propre et bien fait, et j'allais ensuite lui porter la lettre afin qu'il la signe. Une demi-heure après, il me la rapportait, signée, prête à être envoyée au client, mais... ô misère... la lettre était à chaque fois cornée, ou bien froissée, ou alors tachée... Et j'avais honte d'envoyer ainsi une telle lettre. Je n'étais pas la seule, ma collègue enrageait elle aussi de voir notre travail aussi mal traité, mais que dire, que faire ? Cela n'aurait de toute façon servi à rien. Et maintenant, lorsque quelqu'un feuillette un livre ou une revue et que je le vois corner ou froisser les pages en les tournant, je repense à Monsieur Olivier... j'enrage quelque part... et j'ai du mal à supporter et à ne rien dire... Je dis parfois... (sourire)

10 commentaires:

  1. C'est amusant, parce que pour le travail, je suis un peu comme toi, j'aime bien rendre des choses propres.
    Mais pour les livres, c'est différent, j'aime qu'un livre « vive » c'est pourquoi j'aime emprunter les livres dans une bibliothèque, et qu'il y ait des témoignages que ce livre a été beaucoup lu : petites cornes, annotations au crayon, quelques taches...Cela prouve qu'il a été beaucoup aimé.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. En ce qui concerne les livres, j'ai fait des progrès. Avant, dès que j'achetais un livre, je le recouvrais d'un plastique transparent pour le protéger. J'ai arrêté de le faire depuis plusieurs années déjà. Mais le corner, non. Le froisser, non. Le tacher, non. Il m'arrive parfois, à l'aide d'un crayon à papier, de souligner des passages, de marquer des paragraphes, mais c'est très rare.
      Je ne suis pas sûre que toutes les personnes qui cornent les pages des livres, le font parce qu'elles les aiment. J'en connais qui le font parce que, au contraire, les livres ne sont pas leur tasse de thé et elles se fichent de les abimer. :-)
      Belle journée à toi, Célestine. Bisous.

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    2. Célestine, j'emprunte aussi beaucoup à la médiathèque et je prends le livre en l'état avec toutes ses rides.
      Toutefois je n'apprécie par les annotations..
      - Je trouve que c'est irrespectueux de le faire sur un livre qui ne nous appartient pas
      - J'ai l'impression que le lecteur qui les a faites, essaye d'influencer le lecteur suivant.

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    3. J'ai la faiblesse de croire que les gens qui vont emprunter des livres dans une bibliothèque aiment les livres...et que c'est leur tasse de thé... Sinon je désespère de l'âme humaine.
      Mais ce n'était pas un jugement de ma part. Tu as le droit d'aimer que les livres restent neufs.
      Daniel Pennac dans Comme un roman, si je me souviens bien, était plutôt de mon avis...Désacraliser le livre et les bibliothèques me semble le premier pas vers la lecture pour tous. mais je peux me tromper...

      Bon, cela dit, comme je n'en suis pas à une contradiction, j'aime aussi beaucoup beaucoup l'odeur des livres neufs !
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Oui Françoise un courrier doit partir propre et net. A charge de son expéditeur de le froisser, le corner...

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    1. C'est tout d'abord respecter le travail de celui qui l'a fait, et ensuite respecter celui qui le recevra. Oui, Suzame.
      Bonne journée à toi. Bisous.

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  3. Dans une autre vie, c'est du côté de celui qui signe les lettres que je me situais… aussi je trouve ce comptable bien irrespectueux, non seulement du travail de la secrétaire que tu étais (et dire qu'on dit à présent « assistante »… quel vocable infériorisant… secrétaire cela avait une certaine noblesse ! mais passons…), et irrespectueux du client qui va la recevoir. Je ne sais si le comptable en question travaillait encore sur des registres manuscrits, mais ça devait être un sacré bordel !
    Tous les courriers qui m'étaient remis à la signature étaient dans des parapheurs… J'en signais une bonne centaine par jour, parfois plus. Il faut dire que c'était des « documents officiels » et à la moindre imperfection c'était retour à la frappe. Il fallait une signature authentique de mézigue, et bien sur un coup de tampon de cachet officiel de la République, c'est fou comme on aime les coups de tampon en France ! Plus y en a mieux c'est !
    et le soir, les tampons officiels de la République étaient mis dans un coffre
    Une autre époque tout cela…

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    1. Son bureau était un sacré bordel ! En fait, il m'apportait son brouillon manuscrit, je te laisse imaginer le chiffon qu'il me présentait, et je devais mettre tout au propre (je me demande bien pourquoi, vu l'état dans lequel il me le rapportait...). Enfin bref...
      Oui, une autre époque, Alain. :-)
      Merci pour tes mots. Belle fin de semaine à toi.

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  4. C'est une histoire charmante mais qu'est ce que cela devait être énervant. Mr Olivier manquait de respect pour le travail bien fait !! Il a du falloir serrer les dents et être un peu tolérante !

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    1. Oui, être un peu tolérante, mais ce qui nous embêtait le plus, c'était d'envoyer un tel courrier, corné et taché. :-(
      Bonne soirée, Daniel.

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